Carrière de l'Estoc.

Cette très grande carrière datant de 1910 a d'abord été exploitée au pic, puis très vite à la lance, puis à partir de 1942, par la technique totalement nouvelle des fleurets rotatifs. Enfin, dans les dernières années, avec des haveuses à chaîne Korfmann.

Avant le deuxième guerre mondiale, le propriétaire des lieux souhaitait mécaniser les techniques d'extraction de la pierre afin d'augmenter le rendement, mais les outils à cette époque ne le permettaient pas.

C'est durant la guerre que le progrès arriva, grâce à une mésaventure qui devint fort positive...

Le contremaître de la carrière fut emprisonné en Allemagne pour faits de résistance. De là, on l'envoya travailler dans les mines.

En 1942, il fut libéré pour raisons de santé mais il avait eu tout loisir d'étudier le matériel allemand, lequel était beaucoup plus moderne.

Il rapporta donc avec lui l'idée d'utiliser des pastilles de carbure de tungstène, quasi inusables, sur les têtes de taille des fleurets.

Il conçut donc une machine équipée d'une colonne de 10 ou 12 fleurets les uns au dessus des autres, placés à l'horizontale.

Un moteur à chaîne entraînait la rotation de tous les fleurets simultanément.

Ce dispositif était capable de percer le calcaire à une vitesse jusqu'alors inconnue.

A titre de comparaison, l'exploitation au pic permettait un rendement de 100m3 par an pour un carrier.

La lance, technique plus efficace, doublait ce rendement, ainsi porté à 200m3/an par carrier.

Les fleurets rotatifs pulvérisaient ces résultats puisqu'ils autorisaient un rendement de 950m3/an par carrier !

Seule la haveuse à chaîne fut plus efficace par la suite, avec 1200m3/an.

Après la guerre, avec cette nouvelle technique, l'exploitation devint industrielle et plus de cent ouvriers travaillaient à extraire des blocs.

Blocs dont la France avait un réel besoin car il fallait reconstruire les villes et villages détruits.

En 1947, afin de produire toujours plus de blocs, un immense puits d'extraction fût percé.

C'était à cette époque le plus large puits réalisé dans une carrière.

Son diamètre est de 7,20m et il pouvait remonter à la surface deux blocs côte à côte de 10 tonnes chacun.

Grâce aux fleurets rotatifs, aux deux imposants puits d'extraction et à un treuil surpuissant pour l'époque, la carrière produisait 20, puis bientôt 25 blocs de 10 tonnes par jour.

Les équipes travaillaient en deux périodes de 9 heures ce qui portait le temps d'extraction à 18h par jour.

Pendant les 6 heures restantes, les électriciens équipaient les galeries encore non éclairées.

Des dizaines de maisons, immeubles et autres écoles furent construits grâce à ces pierres de très bonne qualité.

Cette exploitation fût un véritable succès avec beaucoup de retombées économiques pour la région.

L'extraction de la pierre calcaire prit fin en 1964 mais la carrière ne fut pas abandonnée pour autant car depuis 1947, les champignonnistes s'étaient installés dans les galeries désaffectées et la culture des champignons perdura jusque dans les années 2000.

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Dernière mise à jour

6 novembre 2018

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